Remise en question : Pourquoi j’ai abandonné l’équitation (Partie 1)

J’ai découvert hier la Cavalcade des Blogs et je me suis dit pourquoi pas ? Le thème de ce mois-ci est « Remise en Question ». ça tombe bien ! Avec Melba, nous sommes les championnes de la remise en question et c’est l’occasion d’expliquer pourquoi j’ai abandonné l’équitation.


Une question que l’on me pose souvent : pourquoi je ne monte plus ? Je vous propose donc un article en plusieurs parties retraçant en détail notre histoire à moi et Melba.

La première partie se déroule sur notre première année de vie commune.

Au tout début de notre relation, ce fut tumultueux pour ne pas dire autre chose. J’étais plus souvent à 30m de ma jument qu’à côté d’elle. Si bien qu’on a même dû l’isoler pendant un mois pour qu’elle apprenne à me connaitre. Ca vous apprend l’humilité quand votre cheval vous envoie à la gare jour après jour. Pendant toute l’année qui a suivi, j’ai arrêté de monter à cheval et je me suis beaucoup plus concentrée sur essayer de comprendre cette satanée jument capable de s’évader de n’importe quelle prairie et de traverser plusieurs clôtures juste pour être là où elle le souhaite. Il faut dire que l’histoire de Melba est un peu particulière.

25.07.07 (25)Je rencontre Melba chez un marchand de Liège qui m’affirme l’avoir depuis une semaine. C’était il y a presque 8 ans. Il l’a débourrée et voilà ce que je vois :15.07.07 (2)Je l’essaie dans une piste sombre après les avoir vu se bagarrer avec la jument pour lui mettre selle et bridon et en selle, c’est le coup de foudre ! Une petite jument de 4 ans qui vient d’être séparée de sa soeur après avoir vécu en prairie avec elle toute sa (courte) vie. En rentrant ce jour-là, je me souviens qu’on lui cherchait déjà un nom alors que nous ne l’avions même pas encore achetée. C’est ainsi que Melba est entrée dans ma vie une semaine plus tard (le 24 juillet 2007).

24.07.07 (5)J’avais déjà un ensemble de convictions fermement implantées. Je voulais ma jument en prairie et avec d’autres. C’est donc exactement ce que je lui ai trouvé. C’est mon premier cheval, je navigue à l’aveugle. Seulement chez le marchand, la grosse était en box alors quand elle est arrivée en prairie à nouveau, elle m’a bien fait comprendre qu’elle ne souhaitait pas y retourner dans ce fameux box. Et elle ne connait rien donc ça ne sert à rien de tenter de l’appâter avec des bonbons ou quoi que ce soit, elle n’en a jamais mangé ! Seule face à ce diable de cheval, je me tourne vers ce que j’ai toujours aimé : les livres.

Parelli ne m’est que d’un moyen secours. J’apprends les 7 jeux à Melba malgré tout parce que c’est ce que je connais et que je n’ai que ça sur quoi me raccrocher. Nous inventons toutefois nos propres codes très rapidement et par la suite, la voix fera même son apparition. Melba m’apprend qu’un cheval peut ne pas avoir envie de travailler et que je ferais mieux de laisser tomber par moment. De même, si je ne suis pas dans le bon état d’esprit, ce n’est même pas la peine d’essayer de l’approcher.

Le premier livre vers lequel je me tourne est celui de Linda Tellington-Jones qui propose d’étudier et de mieux comprendre le caractère de son cheval à partir de sa tête et de son corps. Peu convaincue, je me lance quand même. Je vous livre un exemple aujourd’hui de ce que ce livre m’a appris. DSC_0314Commençons par son profil qui est légèrement camus avec un nez busqué, selon Linda, cela indique une tendance à la sensibilité et un cheval au caractère fort, souvent un meneur de troupeau qui sera audacieux. La joue est plutôt définie comme grande et ronde ce qui fait de Melba un cheval intelligent et coopératif (hum).

DSC_2552Son bout du nez plutôt oblique et son nez busqué font d’elle un cheval au caractère dominant. Sa bouche moyenne n’apporte aucune indication particulière. Le menton est complexe, séparé de la lèvre inférieure ce qui indique un caractère complexe. Son oeil est de taille normale aussi et cela n’influence rien. Sa lèvre supérieure plate indique chez Melba une tendance à être indépendante et solitaire et à ne s’intéresser qu’à ce qui la concerne. Les naseaux sont de taille moyenne, bien formés et s’affinant vers le haut ce qui nous donne comme caractéristiques : un cheval qui réfléchit beaucoup, est coopératif si la personne est juste et assurée.

DSC_4178L’espace entre ses yeux n’est ni vraiment large, ni vraiment étroit ce qui ne nous apporte rien. Je ne suis pas arrivée à trouver une photo où l’on pouvait voir les oreilles  de Melba de face mais elles sont droites, sans caractéristiques particulières ce qui peut donner un cheval énergique et à sang un peu chaud.

Si l’on doit donc retenir quelques mots lorsque l’on voit la tête de Melba ce sont ceux-ci : cheval complexe, dominant, intelligent et indépendant. Un sacré cocktail ! Cela change ma vision de ma jument. Je me mets à chercher plus loin. Je lis Danièle Gossin et je me mets à utiliser des mots pour dialoguer avec ma jument. Notre travail évolue, change ! Nous sommes toujours à pied la grosse majorité du temps pourtant.

Mais je n’étais pas vraiment avancée par ce premier diagnostique, et me voilà donc à découvrir un autre auteur : Hempfling !

En observant les photos et en lisant les descriptions, j’ai toujours eu beaucoup de mal à isoler Melba dans un groupe tel qu’il le décrit dans son livre. La première année, je me décourage et je laisse tomber. Il a fallu attendre un sacré moment avant que je ne ressorte ses livres à nouveau pour essayer d’y faire coller ma jument … avec plus ou moins de succès. Ainsi, pour moi, Melba peut très bien rentrer dans la description du Prince. Je vous invite à regarder cette vidéo pour vous faire une idée en photo.

Le Prince est défini comme un cheval juste, correct et équitable, simple et agréable à vivre. Il est réservé et prudent avec une double personnalité : il aime les hommes mais préfère garder ses distances. Il coopère mais reste critique et remet souvent l’homme en question. C’est un cheval indépendant.

Cela rejoint l’analyse faite grâce à la technique de Linda.

Mais je reconnais aussi Melba dans les caractéristiques du « Marcheur » (le 11).

Le Marcheur est indépendant, il ne supporte pas le manque de liberté. Il est prudent, clairvoyant et circonspect. C’est un cheval qui n’est pas compliqué, au caractère équilibré et à la santé bonne. Il est puissant, porteur avec un dos court.

Toutefois, je reste peu convaincue par tout cela (et j’adorerais entendre votre avis dessus. Avez-vous déjà essayé de classer votre cheval ?). Je pense malgré tout à ce moment-là tenir une piste pour comprendre ma jument ! Il faut dire que je tombe de haut, d’éducation purement Parelli, je n’ai rien connu d’autre et de voir que ça ne marchait pas sur ma jument que certes, nous étions capable de faire les Jeux mais que cela n’allait pas plus loin que ça est frustrant. Nous répétions comme des robots et les cavaliers autour de nous trouvaient cela super.

A peu près à ce moment-là, Melba se met à boiter. Elle, qui avait de supers pieds, ne les pose plus par terre. Un maréchal ferrant et deux pareurs plus tard, je découvre que ma jument refuse de donner ses pieds et va jusqu’à taper si on ose s’en approcher. On me parle pour la première fois de Fourbure. Dégoutée du parage naturel que je venais de découvrir, je me lance dans l’apprentissage et je pare moi-même ses pieds. C’est ma première vraie prise de conscience : un cheval n’a pas besoin de fer !

Je dévore alors les forums, les blogs, les rares livres existants à l’époque. Une grosse chute de Melba avec une jument qui traversera 4 clôtures pour rejoindre ses copains me fait comprendre que Melba ne veut pas être montée. Pas pour le moment en tout cas. Peu rassurée, je laisse tomber provisoirement. Je me retrouve embarquée dans le Cheval au Naturel, je passe ma vie à échanger sur le net avec d’autres. Je crée même un premier blog pour partager mes recherches. Melba se résume alors à la découverte des EMA, des graines germées, du parage, du paddock paradise, …

Et l’équitation ne me manque pas …

Une année est passée et  j’ai dû monter Melba 3 fois avec à chaque fois une fin catastrophique. Nous changeons alors de lieu de vie : plus de piste, plus de copains pendant un temps. Rien que nous deux et une grande prairie de 2 hectares. Un nouveau chapitre de notre histoire commence alors que je vous propose de découvrir dans un prochain article.

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12 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. capaline dit :

    J’ai moi aussi lu le livre de Linda Tellington… c’est une sacré femme, quand même !
    Ton histoire me plait… parce que tu parles de ce que beaucoup vivent et que peu ose exprimer. Notamment « l’echec » de parelli…

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    1. doupix dit :

      Elle en a fait plusieurs qui sont très intéressants et sa technique de massages est impressionnante !

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  2. Cavali'Erre dit :

    As-tu vraiment abandonné l’équitation, ou bien as-tu tout simplement changé la définition que tu lui donnes?
    En tout cas, je ne savais pas qu’on pouvait déduire le caractère d’un cheval de son physique. Ça doit parfois aider pour le comprendre, mais finalement chaque cheval est unique, c’est surement pour ça que Melba semble rentrer dans plusieurs groupes! Je crois que l’essentiel, c’est que cela te permette de la comprendre de mieux en mieux!

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    1. doupix dit :

      Je pense avoir vraiment abandonner l’équitation même si au départ, je pensais simplement changer la définition que je mettais derrière ce mot. Mais cela s’éclaircira dans les prochaines parties. J’essaye de vraiment coller au cheminement que j’ai traversé ces dernières années.

      Hempfling me donne l’impression que ce n’est pas que le physique mais l’impression que renvoie le cheval. Je ne sais pas vraiment expliquer mais je pense que cela va au-delà de ce que l’on peut voir et qu’il faudrait pour vraiment le comprendre suivre un stage avec lui !

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  3. Larme dit :

    Wouah! Merci pour cette participation plus qu’intéressante. Je rêve de pouvoir lire Hempfling. Malheureusement ces livres sont tellement cher et difficilement trouvable…

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    1. doupix dit :

      C’est vrai ! Il faut parfois regarder en seconde main mais ils restent très rare. Il y a toutefois beaucoup sur son site : http://www.hempfling.com/ Mais c’est une mine d’or !

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  4. Larme dit :

    Merci pour le site 🙂 Maintenant, faut que je me mette à l’anglais lol!

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  5. Emeline dit :

    J’adore les livres de Linda Tellington, Cela me donne envie de le re lire =)
    Ton parcours avec ta jument, peut de personne se dise « aller j’arrête » il y a tellement d’autres chose à faire que de monter mais ce n’est pas encore dans les moeurs.

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    1. doupix dit :

      Ma famille ne comprend toujours pas. 8 ans hier que j’ai rencontré Melba et ils ne comprennent toujours pas. Heureusement les remarques sont devenues moins fréquentes

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  6. feuliane dit :

    Je ne savais pas qu’on pouvait classer son cheval selon un type. Mais vue que l’on fait ça pour les humains, pourquoi ne pas le faire sur les chevaux!

    C’est une très belle remise en question que tu as fait et que tu continues à faire. Beaucoup se serait découragé ou aurait vendu la jument pour pouvoir en trouver une plus simple! Vraiment c’est courageux, parce que ce n’est pas évident de se remettre en question!

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